Pourquoi ce catamaran plutôt qu'un autre pour un programme de grand voyage partagé à cinq.
Le bateau n'est pas encore acheté et se choisira à cinq. Mais toute simulation a besoin d'une référence, et celle retenue n'est pas le fruit du hasard. Voici le raisonnement, qu'on peut discuter.
La plupart des catamarans de série privilégient le volume habitable : plus de cabines, plus de surface, plus de confort au mouillage. C'est une réponse cohérente au marché de la location, où le bateau passe le plus clair de son temps à l'ancre.
Le chantier Outremer, installé à La Grande-Motte depuis plus de trente ans, a fait le choix inverse : des coques fines, un déplacement contenu, une grande surface de voilure. Le bateau avance dans le petit temps et reste maniable dans la brise — ce qui compte quand on traverse un océan plutôt qu'on ne longe une côte.
C'est une particularité de la série. La plupart des catamarans ont des quilles fixes et dérivent au près. Les dérives relevables donnent un cap nettement plus serré face au vent — utile quand il faut remonter contre une brise établie.
Relevées, elles réduisent le tirant d'eau à un peu plus d'un mètre, ce qui ouvre des mouillages inaccessibles à la plupart des autres bateaux. Sur un programme Grenadines-Bahamas, c'est loin d'être anecdotique.
C'est un critère décisif en copropriété : chacun navigue en famille ou entre amis, pas avec un équipage professionnel. Les manœuvres se ramènent au poste de barre, et la bôme basse permet d'accéder à la grand-voile sans acrobatie.
Deux personnes suffisent à conduire le bateau, y compris de nuit et par mer formée. Sur un catamaran qui exige quatre équipiers pour prendre un ris, l'usage se restreint très vite.
Catégorie A, la plus exigeante de la norme européenne : le bateau est conçu pour naviguer loin de toute côte, dans des conditions que la plupart des plaisanciers n'affronteront jamais.
La série compte de nombreuses transatlantiques et plusieurs tours du monde. Pour un programme qui prévoit deux traversées de l'Atlantique par an, ce n'est pas un détail : le bateau a fait ses preuves sur exactement ce type de parcours.
Chiffres du modèle actuel, dessiné par Christophe Barreau et Frédéric Neuman, produit depuis 2015.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Longueur hors‑tout | 14,63 m |
| Largeur | 7,15 m |
| Tirant d'eau, dérives relevées | 1,25 m |
| Tirant d'eau, dérives basses | 2,15 m |
| Déplacement lège | 8,1 à 8,7 t |
| Grand‑voile | 67 à 69 m² |
| Génois | 39 à 55 m² |
| Gennaker | 115 m² |
| Cabines | 3 ou 4 |
| Eau douce | 450 l |
| Gasoil | 336 l |
| Motorisation | 2 × 30 ch, ou 2 × 10 kW électriques |
| Catégorie CE | A — hauturière |
Le rapport le plus parlant reste celui de la voilure au poids : environ 12 m² par tonne, quand un catamaran de série classique tourne autour de 8 ou 9. C'est ce qui explique la différence de comportement dans le petit temps.
Le point compte particulièrement en copropriété, où chacun doit pouvoir céder sa part un jour. Le modèle actuel a dépassé les cent exemplaires mis à l'eau depuis 2015 — une série suffisamment répandue pour être identifiée sur le marché de l'occasion, mais assez confidentielle pour ne pas être banalisée. Les bateaux bien entretenus conservent une part importante de leur valeur.
Un catamaran de série anonyme, produit à des milliers d'exemplaires, se négocie moins facilement — surtout quand il s'agit de vendre un cinquième de bateau plutôt qu'un bateau entier.
Un Outremer 45 offre quatre cabines doubles et deux à trois salles d'eau selon la version — de quoi accueillir confortablement un couple avec des amis ou des enfants, sur des périodes de deux à quatre semaines.
| Programme envisagé | |
|---|---|
| Méditerranée, printemps et été | De l'Espagne à la Grèce |
| Atlantique, automne | Des Canaries aux Antilles |
| Caraïbes, hiver | Des Grenadines aux Bahamas |
| Par part et par an | 8 semaines |
Les transatlantiques et convoyages se font en équipage commun et ne comptent pas dans ce quota. Qui souhaite traverser peut donc le faire sans entamer ses semaines.