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Acheter un catamaran à plusieurs

Ce qui est hors de portée seul devient accessible à cinq. Comment ça marche, ce que ça coûte vraiment, et à quelles conditions ça tient dans la durée.

Un catamaran de voyage neuf coûte entre 700 000 et 1 500 000 €. À cela s'ajoutent la place de port, l'assurance, l'entretien, les provisions pour gros travaux — de quoi porter le budget annuel à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Pour un propriétaire seul, qui navigue en moyenne six à huit semaines par an, le calcul est difficile à défendre : le bateau passe l'essentiel de son temps à quai, où il vieillit et coûte sans rien donner.

D'où l'idée, ancienne chez les marins, de partager un bateau. Elle prend plusieurs formes, qui n'ont ni les mêmes règles ni les mêmes risques.

Les trois formes de partage

Racheter une part d'un bateau existant

C'est la formule la plus courante, et la plus délicate. Un propriétaire cherche à alléger ses charges et cède une fraction de son bien. Vous entrez dans une histoire que vous n'avez pas écrite : un bateau choisi sans vous, un entretien dont vous ignorez le détail, et parfois des dettes antérieures qui suivent le navire — impayés de place de port, factures de chantier.

Sur les forums de voile, l'avertissement revient régulièrement : demandez-vous toujours pourquoi quelqu'un vend soudain la moitié de son bateau.

La location partagée ou le charter en propriété

Des sociétés proposent d'acheter un bateau qu'elles exploitent en location, en vous laissant quelques semaines d'usage. Le montage est simple et fiscalement attractif, mais vous ne décidez de rien : ni du bateau, ni du programme, ni du niveau d'entretien. Et le bateau subit une utilisation intensive par des équipages qui ne sont pas les vôtres.

Constituer un groupe avant l'achat

La démarche s'inverse : plutôt que d'acheter un bateau puis de chercher à le partager, on réunit d'abord les personnes, et l'on choisit ensemble. Personne ne détient rien au départ, personne ne se défausse d'un bien qui lui pèse. Le bateau, la base d'attache, le programme de navigation et les règles se décident collectivement.

C'est plus long à monter — il faut trouver les bonnes personnes avant de trouver le bon bateau — mais c'est la seule forme où chacun entre à égalité.

Ce que change le nombre

Le nombre de parts n'est pas neutre. Il détermine à la fois le ticket d'entrée et la disponibilité du bateau.

Nombre de co-propriétairesSemaines par an
Deux20 à 24
Trois14 à 16
Cinq8 à 10
Huit et plus4 à 6

À deux ou trois, le coût par personne reste élevé et le bateau dort encore une partie de l'année. Au-delà de six ou sept, les créneaux deviennent trop courts pour un vrai voyage, et la gouvernance se complique — plus il y a de voix, plus il est difficile de décider.

Cinq est un point d'équilibre : le ticket d'entrée est divisé par cinq, chacun dispose de huit semaines — assez pour une vraie transhumance saisonnière — et le groupe reste assez petit pour se connaître et décider vite.

Ce que ça coûte réellement

Le raisonnement le plus utile n'est pas « combien coûte le bateau » mais combien coûte une semaine de navigation. C'est le seul chiffre comparable avec les alternatives.

Sur le projet Catapartage, à cinq sur un Outremer 45 financé un million d'euros :

PostePar part
Premier loyer, à l'entrée80 000 €
Mensualité tout compris1 762 €/mois
Semaine de navigation2 640 €
Un point souvent mal compris. Le premier loyer n'est pas une dépense : il constitue votre part du bateau, et vous le retrouvez à la revente sous forme d'un cinquième de la valeur, solde du financement déduit. Ce que vous payez vraiment pour naviguer, c'est la mensualité — et rien d'autre.

Comparer avec la location

C'est la comparaison qu'il faut faire honnêtement avant de s'engager. Un catamaran de 45 pieds en location avec skipper coûte entre 8 000 et 15 000 € la semaine en haute saison, 4 000 à 7 000 € sans skipper. Sur huit semaines, la location revient donc à 32 000 € au minimum, et souvent bien davantage.

La copropriété est donc moins chère dès lors qu'on navigue suffisamment. Mais elle apporte surtout autre chose : un bateau qu'on connaît, qu'on équipe à son goût, où l'on peut laisser ses affaires, et sur lequel on n'a pas à refaire un état des lieux tous les samedis.

Le point à ne pas se cacher. Une copropriété n'est pas un investissement. C'est une manière de réduire le coût d'accès à un bateau très cher, avec une composante patrimoniale résiduelle. Qui cherche un rendement financier doit regarder ailleurs.

Ce qui fait tenir une copropriété

Le bateau compte moins qu'on ne croit. Ce qui détermine la réussite d'une copropriété, ce sont les règles écrites avant le premier versement — et les personnes.

Et une chose qu'aucune convention ne remplace : la confiance entre les personnes. Un bateau parfaitement choisi avec des associés mal assortis reste une mauvaise affaire.

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Des places de co-propriétaire sont ouvertes, à parts égales.
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